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Echevin de la transition économique


L’engagement politique passe aussi par le choix des mots. En ces temps de crise, l’engagement politique à gauche, singulièrement, a besoin de mots. Ceux-ci sont essentiels pour permettre aux progressistes de mieux se comprendre, de s’identifier mutuellement et de se mobiliser ensemble dans la défense de notre bien commun. J'ai donc décidé, avec l'accord du Collège PS-Ecolo du Bourgmestre et des Echevins de Forest, de répondre à l’appel de Christian Arnsperger (1) et de remplacer mon titre d’échevin du développement économique par celui d’échevin de la transition économique (2) dans lequel mon action depuis trois ans se retrouve parfaitement.

De quoi parle-t-on ? D’un constat simple : la fin du pétrole bon marché est là. Au-delà du problème environnemental, qui est fondamental, la fin de ces « poches de soleil gratuites » (3) va nous forcer à totalement modifier notre système économique. Il ne pourra plus être question d’une globalisation au bénéfice des actionnaires et au détriment des chercheurs d’emploi bruxellois. Cela n’a aucun sens de faire venir nos pommes de Nouvelle-Zélande, nos haricots du Kenya ou d’envoyer nos déchets en Chine ! Au contraire, il est désormais indispensable de « relocaliser notre économie », c'est-à-dire de produire ici et de consommer ici. Pour atteindre la « dépendance zéro » à l’énergie fossile chère et polluante, il nous faut organiser la « transition » vers une économie qui réapprenne à s’inspirer de la nature et de sa capacité à puiser sa force dans les énergies renouvelables et dans la récupération de ses propres déchets.

La bonne nouvelle, c’est que cette transition nous apportera aussi des nouveaux emplois non délocalisables. De quoi parle-t-on ? Des nouveaux emplois dont nos villes ont impérativement besoin pour organiser cette transition économique et écologique vers la fin du pétrole : les services aux personnes ou aux entreprises, l’éco-rénovation (isolation, panneaux solaires et éoliennes domestiques), la récupération, le tri et le recyclage des déchets, la mobilité, les livraisons à domicile des fruits et légumes que nous devons réapprendre à produire et consommer localement, etc. Alors pourquoi parler de « transition économique » ? Pour attirer l’attention des citoyens et des décideurs sur le sens de la démarche. Christian Arnsperger propose une série de mesures allant dans le sens de cette transition. A la lecture de celles-ci, je me suis rendu compte que, comme le Monsieur Jourdain de Molière qui faisait de la prose sans le savoir, je faisais déjà de la transition économique sans en avoir conscience :

• Soutien maximal à l’économie sociale : Bruxelles Emergences, coopérative d’économie sociale que j’ai lancée à Forest en application de notre déclaration de politique générale, a permis en un an à plus de 50 chercheurs d’emploi de créer leur activité ici à Bruxelles ; Sun Works, première entreprise d’économie sociale de placement de panneaux solaires photovoltaïques à Bruxelles, s’est implantée à Forest avec le soutien du Collège et a installé la plus grande installation de Bruxelles Capitale (500 m2) chez un entrepreneur Forestois ; je travaille au soutien de la création ici à Forest de la première ressourcerie bruxelloise qui réduirait de 80 % la mise en décharge des encombrants tout en créant des emplois locaux.

• Une pratique quotidienne, avec le soutien de Magda De Galan, de la démocratie participative dans nos trois Contrats de Quartiers : plus de 90 projets pour un montant de 45 millions d’euros conçus et gérés en concertation permanente avec les représentants des habitants et des associations.

• Au sein de ces mêmes Contrats de Quartiers, la décision de ne construire que des logements passifs (ou basse énergie lorsque la mauvaise exposition au soleil rend le passif impossible) soit 70 logements sociaux passifs !

• La construction d’une Maison de l’Emploi et de l’Entreprise dont l’objet même est de relocaliser l’économie en créant un réseau local réunissant les acteurs publics et privés de l’emploi à Forest. De manière significative, le bâtiment sera non seulement passif mais récupérera l’eau de pluie et visera l’autonomie énergétique au moyen des panneaux solaires.

• Le soutien au projet citoyen « Brutopia » d’habitat groupé écologique de même qu’au comité de quartier « Forest Vert ».

• Etc., etc.

Bien sûr, le défi de la transition économique et écologique ne peut être porté uniquement par un Collège du Bourgmestre et des Échevins d’une commune de 50 000 habitants. Quel que soit notre volontarisme, le soutien aux mobilisations citoyennes au service de cette transition doit évidemment être également mené par les autres niveaux de pouvoir. Mais nous avons notre rôle à jouer. En gardant en tête le principe de notre engagement politique : « Penser idéalement, agir humblement ».

Grégor Chapelle
Échevin du Travail

(1) Voir à ce sujet les excellentes propositions de Christian Arnsperger sur http://transitioneconomique.blogspot.com/
(2) Plus précisément « Échevin du Travail et de la Transition Economique (Emploi, Transition économique, Commerce, Economie sociale et Revitalisation des quartiers.) »
(3) Si vous avez manqué la passionnante soirée-débat organisée par le PAC de Forest sur le film « Home » de Yann-Arthus Bertrand, il vous faut absolument voir ce documentaire.

NB : A LIRE EGALEMENT : Mon "Opinion" dans La Libre Belgique sur le même sujet : "Il faut créer de nouveaux emplois locaux".




Le dernier livre de Grégor Chapelle publié en 2008 : Lettre à mon Parti

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